Une grand-mère alsacienne révèle sa recette culte de beignets du carnaval, dorés, fondants et croustillants

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Fermez les yeux un instant. Vous entendez l’huile qui grésille, vous sentez le sucre glace qui flotte dans l’air, et tout à coup, vous avez 8 ans à nouveau, assis dans la cuisine d’une grand-mère qui surveille ses beignets du carnaval. Ces beignets alsaciens dorés, fondants et croustillants ont ce pouvoir magique. Et aujourd’hui, une grand-mère d’Alsace vous confie sa recette culte, celle qu’elle fait chaque année, sans jamais rien noter sur un papier.

Une recette de grand-mère alsacienne, simple mais précise

En Alsace, le carnaval ne commence vraiment que quand la première assiette de beignets maison arrive sur la table. Rien à voir avec les beignets industriels. Ici, la pâte est parfumée, la mie reste moelleuse, la croûte est fine et croustillante. Et surtout, on prépare tout ça tranquillement, en discutant, en attendant que la pâte repose.

La grand-mère dont nous suivons la recette parle peu de « technique ». Elle parle plutôt de « bon sens », de « chaleur de la cuisine », de « pâte qui se tient bien ». Vous allez voir, c’est une recette à la fois très accessible et pleine de petits détails qui font la différence.

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Ingrédients pour environ 20 beignets alsaciens

Pour réussir ces beignets du carnaval, il vous faut des ingrédients simples, que vous avez peut-être déjà chez vous. La qualité de la friture et le repos de la pâte feront le reste.

  • 500 g de farine (type T45 ou T55)
  • 3 œufs moyens
  • 60 g de sucre en poudre
  • 80 g de beurre fondu et tiédi
  • 1 sachet de levure chimique (≈ 11 g)
  • 1 pincée de sel
  • 30 à 60 ml de lait (2 à 4 c. à soupe), selon la texture de la pâte
  • ou 30 ml d’eau-de-vie pour la version traditionnelle alsacienne
  • Huile neutre pour friture (tournesol ou arachide), environ 1 litre
  • Sucre glace pour saupoudrer généreusement
  • Optionnel : 1 sachet de sucre vanillé ou 1 c. à soupe d’eau-de-vie de quetsche ou de kirsch pour parfumer

Avec ces quantités, vous obtenez environ 20 beignets assez généreux. Pour une grande tablée de carnaval, n’hésitez pas à doubler la recette. La pâte supporte très bien d’être faite en plus grande quantité.

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Préparation pas à pas : la méthode de grand-mère

La recette en elle-même n’a rien de compliqué. Ce qui change tout, c’est la façon de toucher la pâte, de respecter les temps, de surveiller l’huile. Suivez ces étapes dans l’ordre, et surtout, prenez votre temps.

1. Mélanger et pétrir la pâte à beignets

Dans un grand saladier, versez les 500 g de farine, le sachet de levure chimique, les 60 g de sucre et la pincée de sel

Creusez un puits au centre. Ajoutez les 3 œufs et le beurre fondu tiède. Commencez à mélanger du centre vers l’extérieur. Ajoutez le lait ou l’eau-de-vie progressivement, cuillère par cuillère. La pâte doit devenir souple, ni trop sèche, ni collante.

Pétrissez ensuite avec la main pendant environ 5 à 8 minutes. La pâte doit former une boule lisse, élastique, agréable à travailler. Si elle est trop sèche, ajoutez une petite cuillère de lait. Si elle colle trop, ajoutez un peu de farine, mais pas trop pour garder le moelleux.

Couvrez le saladier avec un torchon propre. Laissez reposer 30 minutes à température ambiante. Ce temps calme permet à la pâte de se détendre et de gagner en saveur.

2. Étaler et découper : fasnachtkiechle ou schankala

Farinez légèrement votre plan de travail. Posez la boule de pâte et étalez-la au rouleau sur une épaisseur d’environ 8 mm à 1 cm. Plus c’est épais, plus les beignets seront fondants à l’intérieur.

Pour des fasnachtkiechle (beignets de carnaval plats et moelleux), découpez la pâte en bandes, puis en losanges avec un couteau ou une roulette. Pour des schankala (petits boudins frits typiques), taillez des bandes plus fines et roulez-les en petits cylindres entre vos mains.

Posez chaque pièce de pâte sur un torchon légèrement fariné. Laissez-les ainsi reposer quelques minutes pendant que vous faites chauffer l’huile. Ce petit repos permet à la pâte de « respirer » et donne une texture plus légère.

3. Frire sans rater la cuisson

Dans une grande casserole ou une friteuse, versez environ 1 litre d’huile. Faites chauffer à 170–180 °C. Si vous n’avez pas de thermomètre, plongez un petit morceau de pâte. Il doit remonter rapidement à la surface en faisant de fines bulles, sans brûler.

Glissez quelques beignets à la fois dans l’huile chaude. Ne surchargez pas, sinon la température baisse et les beignets absorbent l’huile. Laissez cuire 1 à 2 minutes par face, jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés, mais pas trop bruns.

Retirez-les avec une écumoire. Déposez-les sur du papier absorbant pour enlever l’excès d’huile. Quand ils sont encore tièdes, saupoudrez généreusement de sucre glace. L’odeur à ce moment-là est souvent le signal pour que tout le monde arrive dans la cuisine.

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Les secrets pour une texture parfaite : dorés, fondants, croustillants

Ce qui fait la différence entre un beignet banal et un beignet de grand-mère alsacienne, ce sont quelques règles simples. Elles peuvent sembler petites, mais elles changent vraiment le résultat.

  • Respecter le repos de la pâte : les 30 minutes sont importantes. La pâte devient plus souple, elle se travaille mieux et le goût est plus fin.
  • Ne pas trop retravailler après étalage : une fois la pâte étalée, évitez de la malaxer trop. Sinon, les beignets deviennent durs.
  • Surveiller la température de l’huile : trop froide, la pâte boit l’huile. Trop chaude, l’extérieur brûle et l’intérieur reste cru.
  • Égoutter sans empiler : quand vous les posez sur le papier absorbant, évitez de les empiler tout de suite. La vapeur les ramollirait.
  • Ne pas oublier le parfum : un peu de vanille ou d’eau-de-vie de quetsche ou de kirsch suffit pour retrouver le goût très alsacien du carnaval.

Avec ces gestes, vous obtenez des beignets dorés, avec une mie qui se déchire doucement entre les doigts, sans lourdeur ni gras en bouche. Le genre de beignet qui disparaît en deux bouchées, sans qu’on s’en rende compte.

Comment servir et conserver vos beignets du carnaval

En Alsace, ces beignets de carnaval se dégustent souvent tièdes, à la sortie de la friture. On les pose au centre de la table dans une grande assiette, et chacun se sert avec les doigts. C’est simple, convivial, un peu désordonné, mais très chaleureux.

Vous pouvez les servir :

  • Seuls, avec juste du sucre glace
  • Avec un chocolat chaud bien épais
  • Avec un café noir ou un thé parfumé
  • À côté d’une soupe salée, comme cela se fait encore dans certaines familles, pour un contraste sucré-salé très surprenant

Pour la conservation, gardez-les à température ambiante dans une boîte hermétique ou une boîte en métal. Ils restent bons 1 à 2 jours. Après, ils perdent en croustillant et en parfum.

Pour leur redonner un peu de vie le lendemain, passez-les quelques minutes au four doux (150 °C environ). Ils retrouveront un peu de chaleur et de croquant. Ce n’est jamais exactement comme à la sortie de la friture, mais cela reste très agréable.

Une recette, des souvenirs à transmettre

Préparer ces beignets alsaciens de carnaval, ce n’est pas seulement suivre des étapes. C’est aussi créer un moment à part. Pendant que la pâte repose, on raconte des souvenirs. Pendant que l’huile chauffe, les enfants viennent tourner autour de la casserole, impatients.

Chaque famille a sa petite variation. Certains ajoutent plus d’eau-de-vie pour renforcer le parfum. D’autres étalent la pâte plus finement pour des beignets ultra croustillants. D’autres encore aiment les faire très dodus, presque comme de petits coussins.

Vous pouvez tout à fait adapter cette base. Mettre un peu plus de vanille, changer légèrement l’épaisseur, jouer sur la forme. L’important, c’est le moment partagé et ce geste de passer l’assiette pleine de beignets au centre de la table.

Essayez cette recette un matin de carnaval, un mercredi après-midi avec les enfants ou un dimanche pluvieux. Laissez l’odeur sucrée envahir la maison. Et observez : souvent, quand les premiers beignets arrivent, les conversations ralentissent, les regards brillent un peu plus. C’est le signe que la magie des grands-mères alsaciennes a encore fonctionné.

Camille Beaufils
Camille Beaufils

Camille Beaufils est journaliste culinaire et autecure gastronomique formée à l’Institut Paul Bocuse, avec plus de 12 ans d’expérience entre rédaction spécialisée et collaborations avec des maisons bistronomiques. Passionnée par les liens entre cuisine, voyage et art de vivre à la maison, elle s’intéresse aussi à la place des animaux de compagnie dans la vie quotidienne des gourmets. Spécialiste des récits de tablesmlocales et des produits de saison, elle signe sur dkauto-nimes.fr des contenus ancrés dans le réel, mêlant conseils pratiques, retours d’expérience et coups de cœur responsables. Ce qui la motive : transmettre une gastronomie accessible, chaleureuse et sincère.

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